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26 Juin 2009.

 

 

L'Homme, seul. Face à la mer. Entre eux, une dizaine de mètres, une falaise blanche. La mer, calme et limpide, avec ses mille reflets, éblouissante et majestueuse. L'Homme, tremblant, suant, frissonnant, réprimant avec difficultés son coeur qui s'emballe sous une peau diaphane...


En bas, tout est calme, les quelques voiliers se balancent; pas un chat; le soleil ne parvient pas à réchauffer l'homme, qui commence à s'énerver. Non mais c'est vrai, quoi, à la fin, il a pourtant connu bien pire, déjà sauté tant de fois, mais toujours cette boule au ventre, ces membres tendus, ce léger tremblement... Il s'ébroue violemment, est pris d'un soudain vertige, manque de chuter, ferme les yeux. Un éclair dans ses yeux, ça y est, c'est fait, il tombe comme une pierre, étend ses mains, loin devant son front, son corps tendu entre ciel et mer...


...- et s'écrase comme une merde sur les rochers. Et soudain, le choc avec le courant de l'onde pure, l'eau salée qui caresse en silence le visage calmé. Poumons prêts à éclater, quelques bulles, de rapides mouvements des jambes, l'eau profonde, on y est bien. Plus d'ennuis, le silence, la fraîcheur paradisiaque, le léger crépitement du sel, les cheveux de soie qui balayent le front qui blêmit mais ça se voit pas sous l'eau, forcément, les tempes qui battent, des violons au loin, un éclair, un brusque mouvement de nuque. La tête surgit à la surface, l'eau gicle, la bouche s'ouvre, bée et inspire une terrible bouffée d'air chaud. L'homme frissonne et crache un long geyser entre ses deux incisives. Il est devenu un Homme, et crawle brillamment. Au loin, une bouée...

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